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Les écoles au 19e Les écoles, comme la salle des
séances du Conseil Municipal, changèrent souvent de toit.
Dès le 16e siècle, un « escollier » dont le bail était renouvelable
annuellement, fut chargé
à Verfeil d'enseigner « la religion et la lecture ». L'instituteur était
soit un laïc qui, l'été,
abandonnait ses élèves pour se consacrer à des
besognes plus lucratives, soit un prêtre - en 1669, le Verfeillois Raymond
Cany qui, dans une salle du clocher ou dans une chapelle de l'église, faisait
chanter alphabet et psaumes. Au début
du 18e siècle les filles furent séparées des garçons et les deux classes logées
dans le château où elles étaient encore en 1792, ainsi que le prouve une
délibération dans laquelle le corps municipal proteste contre la menace
de vente de la « forteresse ci-devant seigneuriale au titre de bien national ». Le 24 prairial an III, la maison curiale fut affectée
aux écoles et au logement des instituteurs. Puis, le presbytère ayant
été restitué au clergé, les garçons revinrent dans le clocher, les filles au château. En 1834, les protestations de l'instituteur réussirent à faire
descendre l'école des garçons de
son perchoir « aux quatre vents ». Et,
après un séjour de vingt années
chez un particulier, s'installa à
nouveau sur la proposition de l'économe M. Merle, maire, dans le
château dont elle sortit quelques mois plus tard pour se loger dans
la salle de la nouvelle maison commune qui avait été spécialement
aménagée par M. Espa.
Des noms d'instituteurs figurent dans des actes notariés du début du 19e
siècle et par exemple celui de Jean Baptiste Germain CARAYON qui se dit « maître
à écrire » en 1805 et encore celui de Alexandre CASSE dans un acte du 20
Avril 1822 où il
se dit « instituteur primaire ». Un autre instituteur exerçait à Verfeil en 1808 : Joseph MITIVIE et c'est sans doute son fils Marie Saturnin, lui-même
instituteur, qui se marie à Verfeil en Mai 1823 et qui exerce encore en 1839
quand il figure dans un acte comme témoin. En Novembre 1871, Victor PENAVAYRE est
« instituteur communal » à Verfeil. Dans un ouvrage manuscrit intitulé « Monographie de la commune de Verfeil
» écrit par « l'instituteur public
» : J. SABATHIER et terminé
le 2 Juin 1886 , l'auteur consacre un chapitre à l'instruction primaire à
Verfeil et il croit que ce n'est que vers 1833 qu'un instituteur primaire est
venu à Verfeil, relatant, à son tour, les pérégrinations de cette école de
locaux en locaux, d'abord dans la tour du clocher, puis au château et encore «
dans une maison bourgeoise de la ville », pour finir à la Mairie. Il ajoute : « l'école publique de filles est de
fondation plus récente et remonte à l'année 1871. Après avoir mentionné l'école laïque mixte du Ramel, il trouve que
l'enseignement n'a pas encore atteint, à Verfeil son complet développement et
dit : « une école maternelle serait de toute nécessité. » Enfin il souligne
aussi l'exiguïté des locaux et termine par ces mots : « cette exiguïté nécessitera
peut-être bientôt la construction d'une nouvelle maison d'école. » Nous
sommes en 1886, rappelons-le. M. GRILLOU, en 1941, (et donc près de 60 ans après)
parlait, lui aussi, de nombreux projets d'extension existant alors, et
terminait, mélancoliquement, par cette phrase: « ils n'ont jamais, encore
abouti 1 » Il est donc nécessaire de dire, ici, que ces projets ont tout de même
fini par aboutir en 1955, et cela grâce à la ténacité de Gabriel
DANDRIEU, Maire de Verfeil.
L'école libre
Ce fut seulement vers 1850 que les Soeurs de la Croix vinrent ouvrir dans la
commune un établissement primaire libre pourles filles.
Un peu après, vers 1857 les Frères de l’ordre de Lamennais
imiteront leur Pour compléter ces renseignements sur les écoles de Verfeil, nous croyons
utile de relater le déroulement d'un conflit juridique concernant l'école privée
de filles de Verfeil tenue par les Soeurs de la Croix dans les bâtiments
appartenant originairement à COMBES DUBARRY, au bord de la promenade, devenus
en dernier lieu le restaurant de la Promenade. Déjà une note d'un Inspecteur primaire datant de 1890, nous donne une idée
de l'importance de cette école, car il est dit ceci : « L'inspecteur d'Académie en résidence à Toulouse, certifie que le
Conseil départemental de l'Instruction primaire, dans sa séance du 20 Novembre
1890, a fixé à 24 le nombre maximum d'élèves internes à recevoir dans l'école
privée que Madame MAYNADIER se propose de tenir à Verfeil et à 2, au moins,
le nombre des maîtresses nécessaires pour la surveillance. » A la suite des lois de 1904 et
de la dissolution des Congrégations enseignantes, l'école de Verfeil avait été
fermée et un séquestre nommé en vue de la liquidation, mais la Congrégation
soutenait, au contraire, que sa dissolution ne devait pas avoir lieu car elle était
à la fois. enseignante et hospitalière, or la loi ne visait que les Congrégations
exclusivement enseignantes. En 1917, alors que le conflit juridique demeurait et que les locaux étaient
toujours inoccupés, l'autorité militaire prit possession des lieux pour y établir
un petit hôpital pour les blessés et cela dura pendant 18 mois. . La commission administrative du Bureau de Bienfaisance de Verfeil était
saisie, à la même époque, d'oppositions émanant de la Congrégation qui
demandait au moins un loyer symbolique pour montrer la permanence de son droit
de propriété ; et le conflit continua, marqué par un jugement du
Tribunal de Lavaur du 23 Mai 1922 contre lequel ladite Congrégation releva
appel, et ce fut un arrêt de la Cour d'appel de Toulouse du 8 Juin 1923 L'arrêt constate, en effet, que cette Congrégation était bien à la fois
enseignante et hospitalière et il en veut pour preuve, par exemple, qu'elle
avait eu un orphelinat à Lavaur, avant 1885, qu'un ouvroir avait été établi
à Verfeil, en 1901, en suite d'un legs fait par une demoiselle ROBERT en 1899,
que ces Soeurs s'occupaient des pauvres et des malades à Saint-Paul Cap de Joux
de 1893 à 1917, etc. Bien que les Soeurs aient gagné contre l’administration des Domaines, dans ce conflit qui dura de 1905 (date d'un inventaire sur les lieux) à 1923, les bâtiments ont été, finalement vendus et les époux Fignes y installèrent leur hôtel - restaurant. L'école libre a été transférée dans de grands locaux avec parc, situés
au bord du chemin de la Fontaine Baptisée et elle n'est plus tenue par les
Soeurs depuis quelques années
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