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La Transformation de Verfeil : l’œuvre de J.B. Espa Il commence donc par faire abattre ces
murailles qui étaient d'ailleurs, parait-il,
en piteux état et sur l'emplacement des anciens fossés s'ouvre désormais une
Promenade dite alors l'allée Frascati. On lui doit aussi la porte Toulousaine
avec sa curieuse inscription mais il conserve : "le fossé en prévision
des incendies" : sage précaution en ces temps où il n'existe aucune
adduction d'eau. La municipalité concourt aussi à l'amélioration de la grande route en adoucissant la rude montée qui marque l'accès à la ville depuis la plaine du Girou et la vieille route est délaissée. Il restait cependant à régler les
problèmes de la Mairie, de la halle et de l'école, Mairie et école enfermées
dans de minables locaux au château. ESPA propose plusieurs fois au Conseil Municipal des projets de constructions qui rempliraient le triple rôle recherché mais à chaque fois ce conseil, timoré en diable, rejeta les propositions. Alors audacieusement ESPA décida d'élever à ses frais (il était fort riche) l'édifice projeté pensant bien qu'il serait ensuite accepté. Il donna sa démission de Maire, obtint l'autorisation de construire une Halle sur la place dite du Vieux Marché aux Oies et fit commencer les travaux : nous sommes en 1855. Finie en septembre 1856, la nouvelle bâtisse fut offerte par ESPA à la municipalité qui par une délibération du 10 Mai 1857 estima sa valeur à trente mille francs et s'engagea à payer cette somme en vingt neuf annuités. Le règlement effectif avec certains détails
ou compensations réclamés par ESPA firent que des tractations fort
La place qui porte son nom est un hommage bien dû à cette famille. Nous
avons donc là le récit d'une opération originale et sans doute unique dans
les annales municipales du pays. Verfeil, après ces péripéties municipales, continua de vivre au rythme des saisons, restant un peu à l'écart des grands progrès et aussi des moyens de communications bien que traversée fièrement par la Nationale 112 qui avait été rectifiée et améliorée en 1830. Le chemin de fer passait loin d'elle et de ses vallons assez profonds et il fallait se rendre à Gragnague distant de 8 kilomètres pour trouver une gare sur une ligne qui ne fut d'ailleurs ouverte qu'en 1886. Il n'y avait pas d'industrie : il y avait eu pourtant quelques essais à l'instigation de M. GUILHOT de LAGARDE de Saint-Jean l'Herm qui avait fait établir une magnanerie aux alentours de 1900 Elle se trouvait dans le grand immeuble immédiatement au sud de la porte Toulousaine avec un titre quelque peu prétentieux : "Magnanerie modèle de Verfeil - Office National séricicole Ouverte tous les jours": mais tout cela ne dura pas longtemps. Cet essai rappelle d'ailleurs la présence des mûriers dans beaucoup d'exploitations, et nous devons nous souvenir que la route de Puylaurens, dans le bas de Verfeil, fut bordée de mûriers même après 1945, avant son élargissement. Enfin, on ne peut terminer le 19e siècle sans parler des problèmes de l’école ni sans évoquer l’histoire de célèbres Verfeillois de cette époque : la Comtesse de Ségur et ses petites filles modèles.
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