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Verfeil,
desservi uniquement par des autobus et la lointaine gare de
Gragnague, eut, cependant, pendant quelques années, sa
propre gare et était desservi par un « petit train » électrique
allant de Toulouse à Castres, par Verfeil et Puylaurens.
Nous allons résumer ici son histoire si brève, tout au
moins sut le plan de l'exploitation car, au point de vue
conception et réalisation, son histoire fut fort longue - L'idée
de relier Toulouse à Castres par une voie assez directe
remonte, en effet, à 1898, et le projet se précisa très
lentement. Le 23 Février 1911, des personnalités intéressées
se réunissent pour en discuter et nous notons parmi elles :
MM. TAUSSAC,
conseiller général de Revel et CARCASSES, Maire et
Conseiller Général de Verfeil. Le
17 Avril 1912 la Compagnie des Chemins de Fer du Midi et
l'entreprise GIROS et LOUCHEUR acceptent le projet et le 16
Avril 1913 le Préfet du Tarn est autorisé à signer les
actes avec lesdites Compagnies mais la guerre survient avant
la mise en train effective et tout demeure en sommeil. On reprend le projet en 1919 et l'on calcule en Mai 1920 les dépenses à prévoir avec la Société concessionnaire qui est devenue, entre temps, la Société « GIROS et Cie ». Les travaux débutent en 1924 et tout au long des années suivantes achats de terrains ou expropriations se poursuivent. L'inauguration de la ligne a lieu le 15 Novembre 1930 et pour le canton, il y a une gare à Lavalette, une autre à Saint-Marcel-Paulel (dans la plaine) enfin une gare à Verfeil, tout au bas du coteau.
Comme cette gare est éloignée du bourg, un service automobile fonctionne à l'arrivée des trains et porte les voyageurs qui le désirent jusqu'au centre du bourg : il est assuré par Madame BENAZET. Au
début, six aller/retour journaliers Toulouse-Castres
circulaient avec une vitesse commerciale de 40 km/h ;
ils furent réduits à trois dès 1934 en raison du déficit
d'exploitation. La
ligne, à voie étroite, obligeant à des transbordements de
marchandises, accumule les déficits : les Conseils généraux
ne veulent plus les combler et le trafic est arrêté le 31
Mars 1939. Conçue
dans une période où le trafic automobile n'existait pas,
elle fut réalisée trop tard et ce vice était aggravé par
un non sens administratif qui faisait que le même Conseil Général
subventionnait à la fois la ligne et le service départemental
d'autobus qui la ruinait. Ces autobus passaient, en effet,
eux, au centre des bourgs alors que dans nos régions du
Lauragais, la ligne passait dans la plaine, trop loin des
centres bâtis sur les hauteurs et il en était ainsi
notamment à Verfeil et à Puylaurens : les deux centres les
plus importants sur le parcours. L'ironie
du sort voulut que cette exploitation ainsi arrêtée en
1939, aurait rendu de très grands services pendant la
guerre qui la suivit de peu et pendant l'occupation, alors
que le carburant était si rare, mais la remise en service
ne fut pas réalisée. Cependant en Novembre 1939, l'Ingénieur
départemental avait - en vain - demandé la reprise du
trafic au moins pour les marchandises ou les services de
l'armée et M. CAMICHEL, directeur de l'Institut électrotechnique
avait dit, prophétiquement :« Ne détruisez pas ce réseau
- Mettez-le seulement en sommeil et entretenez-le - Il vous
sera, un jour, très utile ! » Malgré ces avertissements,
l'exploitation n'a donc jamais été reprise et les rails
ont été enlevés après 1945. La ligne a été déclassée
définitivement par décret du 20 octobre 1947, et après
que sa liquidation ait été confiée pendant un certain
temps aux Ponts et Chaussées, le Département est devenu
propriétaire du sol qu'il a cédé soit à des particuliers
riverains soit à des communes. C'est
ainsi que la commune de Verfeil a acquis toute la voie
traversant son territoire par acte du 17 Mai 1963. Quant
aux gares du canton, elles ont été vendues aux enchères
le 20 Juin 1953 par le notaire de Verfeil, sur réquisition
des liquidateurs. Les bâtiments des gares se
différenciaient selon le département : dans le Tarn, ils
n'avaient pas d'étage et le logement était adjacent ; dans
la Haute Garonne, le logement était en étage et dans tous
les cas, une halle à marchandises était accolée au
bâtiment voyageurs.
Il
ne reste donc rien de cette entreprise sauf le souvenir pénible
des trois morts qui marquèrent le début de l'exploitation,
au passage à niveau alors non gardé de la route nationale,
à Verfeil, ou encore des traces non effacées de la voie et
de son ballast de ci de là, et la grande tranchée qui fut
creusée à Saint-Marcel Paulel dans le secteur des coteaux
de Gantuel, pour adoucir la pente.
Le « petit train » a fait l'objet d'un ouvrage de M. Pierre GACHES (avril 1974)., où nous avons puisé une partie de ces renseignements. Pour de plus amples informations, on pourra consulter les articles publiés par Bernard VIEU (bernard.vieu@wanadoo.fr) dans les n° 224 et 225 d'avril et mai 2000 de la revue "Connaissance du Rail" (Editions de l'Ormet - 03330 Valignat) ou se connecter sur le site personnel de François POUS, www.chez.com/trainsmp/
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