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Gauré après la Révolution
A
la suite des bouleversements que provoque la Révolution il
ne sera plus question de baronnie ou de seigneurie et nous
voyons apparaître dès 1791: M. Jean Pierre de BOURRASSOL,
« cy-devant écuyer, et seigneur de Neguevedel, à présent
Maire de Gauré habitant en son château dudit Néguevedel » Il
succède ainsi à l'ancienne administration représentée
par des Consuls qui étaient à Gauré au nombre de trois et
les derniers en titre furent : Bernard GONTIER, premier
Consul assisté de Jean GOUZI et de Jean BRAS (Ces consuls,
autorisés par l'Intendant du Languedoc le 29 Juillet 1781
avaient par acte Me GASC, emprunté 600 livres à Messire
Jean François de SAVY-GARDEIL pour réparer l'église dite
de Saint-Léger sise à Gauré ainsi que le presbytère.) Pendant
la Révolution les de CANTALAUSE n'ont pas quitté leur résidence
et ont donc réussi à traverser sans encombre cette période
si difficile et si tumultueuse à part une arrestation
momentanée. Ils s'occupent de leur important domaine et
l'allègent parfois de charges inutiles : c'est ainsi qu'en
1844 le baron Gabriel vend à un Jean LAGRANGE
"jeune", meunier demeurant à Gauré un
moulin avec maison d'habitation dit "local du moulin de
Gauré", ce LAGRANGE appartenant à la tribu des
LAGRANGE, meuniers de père en fils, qui occupaient une
grande partie des moulins tant de Verfeil que des environs. Durant
ces mêmes époques qui vont du 18e siècle à la
Restauration en passant par la Révolution, et qui sont
marquées par tant d'événements, les d'ASSEZAT que nous
avons déjà signalés au 17e siècle et qui sont toujours
restés très attachés à leur château et domaine de
Lagarrigue ont repris force, distinctions et peut-être
fortune grâce à de brillantes fonctions et carrières dans
l'armée. Dès l'an VIII un d'ASSEZAT est maire de Gauré et
un de ses descendants,
Auguste, au milieu du 19e. le
premier concerne
François Edmond PICAREL d'ASSEZAT, fils majeur de François
d'ASSEZAT, capitaine de cavalerie en retraite et de dame
Guillemette DAVID de la GANTERIE, demeurant au château de
Lagarrigue et
le second concerne
Marie Christophe de GERMON, propriétaire demeurant avec sa
mère aux Noëls - et Mlle Georgette Louise PICAREL
d'ASSEZAT, demeurant au château de Lagarrigue avec ses
parents. Ainsi
frères et soeurs convolent en même temps et donnent une
nouvelle vigueur à leur implantation locale en même temps
qu'ils mettent ce nouveau siècle sous d'heureux auspices. Malgré
cette ambiance de jeunesse et ces promesses d'avenir la
commune de Gauré dans son contexte strictement
Les
propriétaires augmentent leurs possessions selon une
tendance générale vers la terre qui marque le début du
19e siècle et le nombre des habitants diminue peu à peu
passant de 550 environ à 415 vers 1900 et cela dans un
climat d'atonie générale signalé déjà en 1886 par
l'instituteur AJAS en poste à Gauré. (Cf. AJAS
"Monographie de la commune de Gauré", 1885 / 86,
aux archives départementales) Il y a, sans doute, des éclaircies et des améliorations notables : on a construit un pont sur la Sausse et empierré un peu plus ces chemins qui ne présentent que 12 kilomètres empierrés en 1886 comme le note encore AJAS, le reste (32 kilomètres) devenant un bourbier dès la pluie venue. L'école
tant attendue est mise en construction en 1853 et elle ouvre
le 13 Novembre 1854 : le premier instituteur s'appelant
BONAFOUS, remplacé plus tard par Etienne PUJO. Le château
d'En Bernoy a été construit en 1873 pour le compte de M. Léon
GASC, avoué défenseur au Tribunal de Commerce de Toulouse
et l'église Saint-Julien sera dotée d'un clocher en 1890. La
lente dégradation dont nous faisons état sera aggravées
par la guerre de 1914. Déjà le cabaret où le cordonnier
CABAZIE venait parfois jouer pour des gains qu'il calculait
strictement dans ses "Mémoires" dont la plupart
se comptaient en centimes (!), a disparu et le cordonnier
lui même n'est remplacé que par un sabotier et cela pour
un temps. Les tisserands eux aussi ont disparu. Il y a bien
encore un meunier au moulin de Cascaret : un LAGRANGE,
dernier représentant d'une dynastie et qui s'y maintiendra
jusqu'en 1937 ou 38, jusqu'à la démolition de son moulin
qui meublait si agréablement le paysage, mais une telle
exception ne peut masquer la réalité de la disparition générale
des moulins; les charpentiers ne sont plus dans la course
relayés par des entrepreneurs qui vivent ailleurs, la
minuscule épicerie qui avait réussi à survivre longtemps
fermera bientôt sa porte et le dernier menuisier ALGANS
n'aura pas de successeur, enfin les forgerons qui étaient
l'âme vivante des bourgs ruraux vont cesser d'animer les
environs de leurs ateliers et aucun mécanicien de machines
agricoles ne viendra les remplacer Cette
terrible épreuve de la guerre de 1914 qui vient s’ajouter
à tant de causes de régression provoque cependant un
regain d'amitié entre tous les habitants et augmente encore
cet esprit de convivialité qui caractérise tout de même
nos campagnes. C'est
ainsi que s'était instaurée une coutume qui correspondait
au désir de fraterniser encore un peu plus à l'issue des fêtes
du 14 Juillet, coutume qui semble vouloir renaître
actuellement sous la forme de ces "mounjetado" qui
se multiplient un peu partout. Ce jour-là vers 16 heures,
au moment où va commencer le bal, les organisateurs
s'affairent pour la préparation d'un repas commun servi sur
la place publique : repas au menu très simple comportant
des sardines à l'huile et du saucisson suivis de haricots
et d'un dessert de gâteaux : le tout largement arrosé de
vin rouge et surtout de Gaillac que l'on prenait directement
au fût. L'ambiance était paraît-il très animée et très
chaude. La
guerre de 1939 fut une nouvelle épreuve, mais, après la
libération, Gauré se réveille à l'initiative d'une équipe
dynamique au premier rang de laquelle se trouve le Maire
d'alors: Camille LENFANT. Ainsi la vie rurale a repris à Gauré sur de nouvelles bases tout en respectant les données fondamentales et comme s'il fallait à ce réveil une touche de fantaisie ou un accompagnement musical il s'est trouvé que l’accordéoniste si connu Edouard DULEU, séduit par le site, est venu s'installer pour une demie retraite dans la propriété dénommée par lui "la CODA" (ancienne propriété GASC) et continue à produire et à alimenter cette source de joie et de gaieté qu'est sa musique.
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