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| Pour aborder l'histoire de
GAURE et de sa seigneurie, nous nous sommes inspirés
- en grande partie - d'un opuscule très complet
paru en 1979 et dû au chercheur si averti qu'est M.
Gabriel BERNET ("Que savons-nous des seigneurs
de GAURE près de Verfeil ?" par G. BERNET éditions
de l'AUTA : 1979) |
La
seigneurie de Gauré
GAURE faisait partie depuis 1229 de la baronnie de
Verfeil attribuée à l'archevêque de Toulouse et le
premier seigneur connu fût Raymond Bernard de DURFORT qui
rend hommage à l'archevêque en 1339.
Nous retrouverons ensuite les BOURRASSIER ; seigneurs de
Gauré pendant plus d'un siècle du début du XVe au début
du XVIe, après eux les de MAULEON et ensuite les CARDAILLAC
Au début du XVIIe viennent s'ajouter les d'ASSEZAT
qui possèdent le domaine de Lagarrigue dans le voisinage. A
la fin du XVIle les DUPUY, père et fils qui ont poursuivi
pendant trente ans une politique avisée et tenace d'achats,
arrivent à reconstituer l'unité de cette seigneurie car
ils en ont acheté une moitié du fils de MAULEON en 1665,
un quart des FERRIER qui ont succédé aux CARDAILLAC en
1689 et le dernier quart des d'ASSEZAT en 1695.
Jacques DUPUY est conseiller au Parlement de Toulouse et
son fils remplit les mêmes fonctions. Quand ce fils Raymond
décéde en 1747, comme il n'a pas d'enfant, il lègue ses
biens à son neveu Antoine de MONSERRAT qui les .revend en
1749 à dom Louis d'ESPIE qui est au Portugal où son père
a fait une grosse fortune dans le commerce . Mais,
le ler Novembre 1755 se produit le fameux tremblement
de terre de Lisbonne qui ruine en grande partie la famille
d'ESPIE et change totalement le cours des opérations. Le
domaine est cependant conservé pendant quelques années
encore mais le 12 Août 1767 tous les biens sont vendus à
Messire Michel de CANTALAUSE, seigneur de Lagarde Lauragais,
Conseiller en la Grand Chambre du Parlement de Toulouse.
Ce nouveau propriétaire imite les DUPUY qui habitaient
au château de Restes et avaient fait établir un chemin en
ligne droite qui allait du château de Gauré, déjà
presque ruiné, jusqu'à leur demeure.Ce chemin était bordé
de mûriers et si ces arbres ont disparu de nos jours, son
tracé si rectiligne étonne encore actuellement quand on le
voit aboutir exactement face au château de Restes. Michel
de CANTALAUSE mourut à Toulouse dans son hôtel de la rue
Maletache le 24 Septembre 1776 laissant un fils François
qui épouse en 1778 Emilie de FINANCE et qui augmente encore
son domaine initial par des achats en direction de Dremil et
de Lafage.
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Pour
illustrer tout ce récit où il n'est question que
de seigneuries, nous transcrivons ici (dans son intégralité
et son "style" le principal d'un acte de
prise de possession d'une seigneurie dressé par Me
GASC, notaire du Bourg et de Gauré, où figure
justement le seigneur de CANTALAUSE:
"L'an
1780 et le 241 jour du mois de Février, à 9 heures
du matin, dans le château seigneurial de Restes par
devant nous notaire Royal du Bourg et de Gauré a
comparu:
Haut
et puissant seigneur: Messire Jacques Gabriel Marie
François de CANTALAUSE, chevalier, baron de Gauré,
seigneur de Lagarde, Roquefoulet, Dremil-Lafage et
autres lieux, habitant la ville de Toulouse qui nous
a dit que le marquis de BERNIS, luy a fait cession
et transport de la propriété de la terre et
seigneurie du lieu de Dremil avec la justice haute,
moyenne et basse... par acte du 19 Janvier dernier
et que ne voulant pas laisser ignorer aux Consuls,
comme aux habitants et à Mr le Curé de Dremil
l'acquisition qu'il a faîte, par exploit de FARES,
son huissier de la baronie de Gauré en date du 19
du courant, fait signifier les actes de cession aux
dits Consuls et Curé, leur déclarant que ledit
seigneur prendra possession aujourd'hui à 10 heures
du matin desdites terres et seigneurie et qu'à cet
effet il se rendra aux dits lieux de DREMIL, église
et maison commune et qu'ils aient à s'y trouver si
bon leur semble et qu'il sera procédé tant en leur
absence que présence. Coomme aussy a comparu François
DUBAC, premier Consul dudit DREMIL, revêtu de son
chaperon qui, après avoir fait sa révérence audit
seigneur, l'a prié d'agréer qu'il aît l'honneur
de venir le prendre en son présent château pour
l'accompagner auxdits lieu, ce que ledit seigneur
accepté et nous a requis de nous transporter de
suite audits lieux et église pour le mettre et
"instanler" en ladite possession de ladite
terre, seigneurie et justice. Nous, notaire, sur la
réquisition dudit seigneur baron, nous sommes
rendus avec lui, ledit Consul et les témoins, à la
place qui est devant l'église et la maison presbytérale
de Dremil et étant à 10 heures du matin nous avons
trouvé Jean Louis GAUBERT, Curé dudit lieu et
ayant attendu jusqu'à l'heure onze qui est celle de
la "surséance" pour que personne ne se
soit présenté, avons alors proposé aux dits
consul et Curé de leur faire lecture des titres
conférant ses droits audit seigneur - lesquels ont
répondu n'être nécessaire et en être déjà
pleinement instruits, ont déclaré n'entendre empêcher
et encore moins s'opposer mais au contraire
consentir que ledit seigneur prenne possession
desdites terre, seigneurie et justice - de le
reconnaître pour seul seigneur des dits lieux et
lui rendre en cette qualité les devoirs et honneurs
qui luy sont dûs et de porter toutes les causes
tant civiles que criminelles devant les officiers
que ledit seigneur va créer dès aujourd'huy pour
l'exercice et administration de cette justîce
,ces
formalités requises en pareil cas dûment observées,
ledit seigneur Baron a été "instanlé"
et mis en la réelle et corporelle possession de
ladite seigneurie pour la tenir et posséder et en
jouir ainsy que les profits, émoluments, honneurs,
devoirs, préséances et autres prérogatives utiles
et honorifiques y attachées...... |
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