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La Seigneurie L'histoire de cette commune a, pour son origine
ancienne, des points communs avec celle de Lavalette. Nous
trouvons, en effet, à l'origine, la famille des NOGARET
avec le premier ancêtre connu : Jacques de NOGARET,
seigneur de Marquefave, anobli en 1372, et qui avait épousé
Vitale de GARRIGUES qui lui avait apporté en dot les
seigneuries "de Gragniague (ancienne orthographe)
et de Roqueserrière". Un descendant Pierre de NOGARET
partagea avec son frère Bertrand en 1405 (cf. l'histoire de
Lavalette) la succession de leurs parents et reçut pour sa
part lesdites seigneuries à la condition de payer à Arnaud
d'AURIVAL, mari de leur soeur : Marguerite, le reliquat de
la dot de celle-ci demeuré impayé. Le fils de ce Pierre
fait hommage des seigneuries à l'archevêque de Toulouse en
1454 et 1473. Son petit-fils Pierre meurt en 1531 et l'on connaît son
arrière petit-fils Philippe qui fait en 1562 un testament
contenant une clause qui est bien de l'époque, car il
charge son héritier de payer mille livres pour la rançon
d'un Pierre de NOGARET (un parent sans doute) chevalier de
St-Jean de Jérusalem, qui est prisonnier des Turcs. Bien plus tard en 1673 on trouve encore un descendant
Charles, cadet aux Gardes Françaises, mais qui semble être
le dernier d'une famille qui s'éteint avec lui. Entre temps la seigneurie et une partie de la justice
furent vendues en 1563 et 64 à Raimond de BERAIL, baron de
Belcastel. Il faut surtout se souvenir que l'histoire de
cette seigneurie est dominée par celle de la famille
DESPLATS, car son représentant
Bernard, "maître des ports et passages",
avait acquis partie des droits seigneuriaux dès 1577 (Les
DESPLATS ont possédé le grand et bel immeuble au n° 45 de
la rue des Tourneurs à Toulouse pendant 170 ans
jusque vers 1739). Son descendant Jean Pierre meurt en 1651
mais il laisse une fille Jeanne qui va épouser Jean de
CAULET. Ce dernier hérite avec elle et de la seigneurie de
Gragnague et de la charge de Président à mortier du
Parlement de Toulouse qui était celle de son beau-père. Cette famille est, en effet, une famille de
parlementaires où l'on succède aux charges tenues par le père
et c'est ainsi que le fils de Jean de CAULET, Guillaume,
devient lui aussi Président à mortier en 1679 (il acquiert
de plus la seigneurie de Gramont en 1705) - A son tour son
fils Joseph a la même charge mais il meurt assez vite en
1742. Le dernier des CAULET, Tristan de CAULET, marquis de
Gramont et capitoul de 1782 à 1790, sera emprisonné au
moment de la Terreur et mourra dans sa prison.. Pour la petite histoire, indiquons qu'à Toulouse et à
proximité des Ponts Jumeaux, les de CAULET avaient fait bâtir
un charmant immeuble, "une folie" entouré d'un
parc avec des arbres d'essence rare. Jean de CAULET et surtout son fils s'employèrent à
faire décorer la bâtisse que l'on appelait "le petit
Gragnague". Ce "petit Gragnague" vendu en
1752 à François Joseph de PORTE-PARDAILHAN puis à un
marchand de bois : Dominique ROQUE, a été le théâtre
d'une partie des combats les plus âpres et les plus
sanglants de la bataille de Toulouse en 1814 :les
Anglo-Portugais voulaient, en effet, franchir le canal dans
les parages - ce canal qui formait barrière et qui avait été
renforcé par des palissades. Les assaillants furent repoussés
plusieurs fois dans la journée et ne purent dépasser cet
obstacle. Le "Petit Gragnague" en partie défiguré est
actuellement le siège d'une école maternelle et de divers
services. Organisation des foires Gragnague avait des foires renommées où se pratiquait
en grand le commerce des cochons La commune possédait, en effet, une halle et une grande
place et il est curieux de consulter le procès-verbal
d'adjudication de cette Halle portant la date du 8 Janvier
1832 et de relire les clauses principales qui étaient imposées
à l'adjudicataire pour l'utilisation de ladite Halle et la
perception de droits de place alentour. Avec son conseil municipal de l'époque, le Maire : M.
Jean LARROQUE avait établi minutieusement les règles qu'il
croyait devoir imposer et que l'expérience conseillait.
C'est ainsi que l'article premier est ainsi conçu :
"L'adjudicataire aura le droit de percevoir le jour de
la foire de chaque marchand, colporteur ou autres qui
occuperont un certain espace de terrain dans l'intérieur ou
l'extérieur de la Halle, savoir : dans l'intérieur 30
centimes par mètre carré et sur son pourtour et jusqu'à
trois mètres du mur de ladite Halle : 15 centimes par mètre
carré. Dans l'article second il est fait obligation à cet
adjudicataire de recevoir sous la Halle les charrettes de
foin que le mauvais temps surprendrait mais il pourra
percevoir pour cette occupation 25 centimes par jour et par
charrette. A l'article 4 il est prévu que pour la fête
locale et pendant tout le Carnaval la jeunesse aura la
faculté de danser sous la Halle sans avoirrien à payer au
fermier. Il est même prévu à l'article 8 que le fermier
pourra exiger 10 centimes par mètre carré de quiconque étalera
des marchandises "le long du chemin qui conduit à
Marcel" et sur la place publique et cela le long d'une
ligne tracée "par l'autorité la veille des
foires". Cette adjudication eut lieu sur la mise à prix de 60
francs et le plus fort enchérisseur a été le nommé :
Jean JOSEPH, propriétaire et tailleur d'habits, sur l'enchère
de 62 francs 50 centimes. Cette Halle a été démolie il n'y a pas très
longtemps. Fleur de guimauve Nous devons noter que la commune se signalait dans le
domaine des adjudications par une adjudication absolument
exceptionnelle et sans aucun exemple qui est celle de la
"fleur de guimauve".
Signalons
pour en finir que l'adjudicataire fut Bertrand AMOUROUX de
Gragnague pour le prix de 21 francs et il fallut encore
faire approuver tout cela par le Préfet
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