|
|
Comme une sorte de préface à la terrible période de la guerre de 1914 qui embrasa toute l'Europe, Verfeil connut au seuil du 20e siècle deux terribles incendies. Le visiteur qui rentre dans le bourg ancien par la
porte Vauraise remarque tout de suite, sur sa gauche, un grand espace vide,
vaguement herbeux et assez minable. Première Guerre Mondiale Sortie de ces émotions et peu agitée par les luttes politiques ou par un projet de voie ferrée de Toulouse à Castres, par Verfeil, la communauté Verfeilloise sentit peu à peu grandir la tension internationale et l'on arrive ainsi au mois d'Août 1914 et à cette guerre qui marqua une terrible phase dans l'histoire du pays et spécialement dans celle de sa paysannerie et donc de Verfeil. Il n'est que de regarder le Monument aux Morts de la place de l'Eglise pour
comprendre l'épouvantable saignée qui fut opérée dans les rangs des
"poilus" issus en très grande partie de régions agricoles et qui défendirent
si courageusement cette terre qu'ils connaissaient si bien.
Immigration Italienne Ecroulement du clocher Au milieu de cette période de reconstruction, un coup de tonnerre : l'écroulement du clocher de l'église paroissiale de Verfeil le 28 Mai 1924 en début d'après-midi, écroulement qui ne fit heureusement aucune victime. La municipalité d'alors, présidée par M. DANDRIEU se préoccupa aussitôt d'assurer une reconstruction qui ne fut cependant que partielle par manque d'argent. Les
réfugiés Espagnols Avant de connaître le drame de 1940, Verfeil, connut de près comme toutes les régions du sud-ouest les tristes séquelles de la guerre civile Espagnole car de nombreux réfugiés ou anciens combattants républicains s'installèrent dans le secteur, y retrouvant d'ailleurs quelques compatriotes déjà arrivés depuis longtemps et s'adaptant très vite à cette vie nouvelle. La mobilisation de nombreux Français qui se produisit peu après favorisa encore cette implantation. La guerre de 1940 Et puis ce fut le drame de 1940 avec la défaite brutale et la ruée des réfugiés
vers le Sud, Verfeil connut le grand problème des réfugiés
: d'abord, en 1940, l'arrivée lamentable de convois de Belges exténués,
mélangés aux réfugiés Français, convois tellement nombreux que l'on ne
savait plus où les loger et qu'un groupe
entier dut coucher, une nuit, sur de la paille hâtivement apportée, dans
notre grande Halle. Ces Belges qui restèrent, pour la plupart, un certain temps
avant de remonter chez eux ; mais dont certains ne voulurent pas retourner dans
leur pays occupé, tel ce sénateur : Edouard Franz CLAESSENS qui mourut à
Verfeil en Janvier 1945, à l'âge de 60 ans. Privée de nombreux agriculteurs, soldats malheureux restés prisonniers en Allemagne, la vie fut rude pour tous mais grâce au travail des femmes et au fait de vivre dans une région agricole, la dureté du ravitaillement qui fut terrible en d'autres points de France, fut atténuée. Les réfugiés s’installèrent et la vie continua sous la direction du Dr. Manens, maire désigné par l’Etat Français. En 1942, Verfeil vit passer des colonnes de l’armée allemande qui envahissaient la France « libre » ; et Verfeil accueillit des familles juives ou leurs enfants pour les soustraire aux arrestations de la milice ou de la Gestapo. Parallèlement se renforcèrent les réseaux de résistants, dirigés par M. Troup, qui recevaient des parachutages ou réceptionnaient des soldats alliés tentant de rejoindre l’Angleterre via l’Espagne ; ainsi on vit, ou plutôt on ne vit pas, de jeunes Verfeillois accompagner des aviateurs alliés vers des refuges faisant partie de la filière d’évasion . Et puis ce furent les Toulousains qui, à leur tour, vinrent, en grand
nombre, se réfugier dans les environs, fuyant le danger des bombardements aériens
qui furent très violents en avril et en mai 1944. De Verfeil on entendait alors
les claquements secs des batteries de D.C.A., dont certaines se trouvaient sur
le plateau de Lavalette, et de sinistres lueurs éclairaient le ciel. Bientôt, ce fût le départ des troupes allemandes et la libération de Verfeil dont les épisodes sont rapportés dans la page suivante L'après guerre Les prisonniers de guerre qui rentraient peu à peu en 1945 permettaient de
mesurer les vides qui s'étaient creusés dans leurs rangs et les noms de Bruxelles,Puel
et du Lt
Goulignac furent gravés sur le
Monument aux Morts pour en perpétuer le souvenir. On ne peut aussi oublier les déportés qui eux ne revenaient jamais. Inscrivons les noms de
RIVAYRAN et de Pierre ANGOT, originaire
de Verfeil, qui avait été l'un des majors de la promotion
1921 de l’école
Polytechnique, devenu Ingénieur des Mines et qui, accusé de sabotage, finit
ses jours en 1945 au camp sinistre de LEAU-BUCHENWALD. | |||||
|
Amis du Vieux Verfeil © 2001-2008 JCx webmaster@verfeil31.net |