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VERFEIL,
à la veille de la Révolution
: Si
les récoltes sont fréquemment mauvaises (le maïs jouant alors le rôle de
sauveur en cas de disette de blé), si les hivers comme celui de 1739 (où la
Garonne gela à Toulouse) et celui de 1788/89 (demeuré célèbre) constituent
de dures épreuves pour la population, celle-ci a tout de même augmenté grâce
notamment à la diminution de la mortalité. Les Nobles De plus, elle s'est complétée et transformée en partie localement grâce à l'arrivée de familles importantes comme celle des de MONMEDAN ou de personnalités éminentes comme ce M. de CAMBON, grand Parlementaire, qui vient d'épouser Dorothée de RIQUET. La famille des de PUYBUSQUE, l'une des plus anciennes du pays et que l'on retrouve sans cesse dans les rangs des Consuls se développe encore. D'autres familles prennent de l'importance telle celle des de SAVY de GARDEILH qui comprenait surtout des officiers et qui accède au Parlement avec le jeune conseiller Jean François de SAVY GARDEILH. Les Notables D'autres
enfin progressent dans la hiérarchie sociale grâce à des charges comme celle
de greffier de Justice ou au métier de géomètre en attendant de compter un médecin
: c'est le cas des DANDRIEU. La fortune acquise dans le commerce conforte bien
des situations déjà bien assises : le pastel dans sa période faste cède le
pas au commerce du blé puisque M. FRECHE, traitant de ce commerce, met la place
de Verfeil à un rang très élevé dans la région et notamment avant Baziège.
Ce sera le cas pour un certain Raymond JEAN,
habitant En Cabos (ancien tisserand) pour les GERVAL ou les BERNET de Teulat
par exemple. Comme chirurgien on a pu noter un Antoine CAUBET puis un DURAND, qui se voit remplacé par Blaise LASSERE, originaire du Gers qui, arrivé à Verfeil en 1786 va épouser en Janvier 1792 une riche héritière : Marianne BERNET, fille de Antoine BERNET "oncle", négociant demeurant à Teulat et qui deviendra un personnage important.
Suite sans doute de l'amélioration du climat général, de l'instruction et aussi d'un
certain esprit de contestation et de chicane que révèle un nombre anormal
d'acte de conciliation chez les notaires du lieu et encore de l'imprécision du
"livre terrier" (ou cadastre de
l'époque) le métier d'arpenteur géomètre prospère: un certain Pierre
GUIRAUD, grand amateur de biens nationaux, y fait ses choux-gras et le notaire
PILLORE, pour faire bonne mesure, a deux fils géomètres : Ambroise et
Jean Bertrand. La liste est
complétée par Jean DEBAR et Jean PRO, bientôt
Pierre Paul DANDRIEU s'y ajoutera. Ces géomètres s'occupent d'ailleurs de
beaucoup de choses, jouent le rôle d'agents d'affaires et parfois d'agent
matrimonial. Rappelons
qu'il y a 3 notaires à Verfeil même. La
révolution à Verfeil
Elle n'a pas été précédée localement et dans l'immédiat par des
manifestations particulières et l'assemblée réunie en 1789 par Jean Jacques Sébastien
COMBES de MONMEDAN, premier consul, a voté dans le calme pour adhérer au
contenu du cahier des doléances du diocèse. On ne déplore aucun trouble
important et, au contraire pour les prévenir une garde bourgeoise a été levée
dès la fin de 1789 . Sur le premier, on doit remarquer l'importance de l'émigration qui emporte les trois frères de MONMEDAN, la famille de MALARET de FONBEAUZARD, le marquis VARES du FAUGA (qui a bâti le château de St-Martin) et Louis de PAGEZE de Saint-Lieux et qui entraîne la vente de leurs biens comme biens nationaux, sans compter la vente d'autres biens nationaux comme le château de Verfeil ou le four banal. Vente de biens nationaux Pour
le château, il fut sauvé de la destruction que projetaient certains candidats
acquéreurs grâce a l'intervention d'un bourgeois avisé : Antoine Marie
BAPTISTAT qui, lors de l'adjudication, réalise l'achat "pour ami élu ou
à élire" et dès le lendemain comparait devant Me VIGUIER, notaire à
Verfeil, pour décliner qu'il a acquis ledit château tant pour lui que pour
quinze autres propriétaires avec lesquels il s'était entendu à l'avance et le
château est partagé entre ces seize personnes, la cour centrale demeurant
commune pour le service de tous . Quant
au four banal du "cy devant archevêque", acheté par le citoyen
LAMBERT VIGUIER (cadet) sur adjudication comme bien national, il est revendu par
lui à un Jean VIDAL qui le revend lui-même le 19 Floréal an IV à Jean
GUIRAUD, géomètre (il est précisé dans l'acte que le bien comporte deux
fours à cuire le pain). Prêtre Constitutionnel Sur le plan religieux, il y a un trouble tel sur les problèmes soulevés par la constitution civile du clergé que, refusant de s'y soumettre la plupart des prêtres du secteur préfèrent émigrer et c'est ainsi que BERGER (Curé doyen qui s'exile à Saragosse), est suivi par les abbés CARCASSES, FERRIERES, CABOS, BOTONNET et BERINGUIER. A
Verfeil même
s'installe alors un "curé constitutionnel" : Mathieu Sulpice
CHOUSSAT, qui semble originaire de Verdalle , assisté par un BAPTISTAT,
originaire du lieu . Cet abbé CHOUSSAT ayant démissionné en 1795 lors de la réaction Thermidorienne, un nouveau prêtre fut nommé : il s'appelait Jean
ESPA, et était le fils de Hugues ESPA, propriétaire important du quartier des Espos, mais "accusé de troubler la tranquillité
publique" il fut arrêté le 15 Germinal an IV et interné à la prison
Sainte-Catherine pour un temps.
La
vague antireligieuse n'épargne pas tout
à fait Verfeil et l'on envisagea fortement la démolition des églises -
Mais la réalisation se fit avec lenteur et réticence de sorte que l'église de
Saint-Sernin des Rais ne fut que peu endommagée - Par contre l'église du Ramel
et celle de Saint-Jean de Mongagne furent détruites, la seconde définitivement. Opposition Royaliste L'opposition
royaliste, dirigée par le praticien JB.Pillore, fut facilement supprimée, sans
violences. Plus grave fut la révolte
paysanne contre deux prévaricateurs et contre les mesures de stockage des blés,
révolte qui provoqua cinq arrestations. Me PILLORE, l'un des
notaires de Verfeil, mal vu par la nouvelle administration municipale, demande un certificat de civisme qui lui est refusé. Alors, fait tout à
fait insolite, il s'arrête d'instrumenter et le déclare à la postérité dans
une déclaration écrite de sa main qu'il insère au beau milieu de ses minutes
et dans le registre même de l'année : nous sommes en Janvier 1793: Me PILLORE
déclare de plus qu'il a fait appel au Directoire du District mais en attendant
: "il se suspend lui-même de ses fonctions" ! Il les reprendra cependant après un peu plus de deux mois de séjour dans les prisons
toulousaines. Deux
événements dramatiques nous plongent dans cette période
terrible de la Terreur. Le premier concerne Dorothée RIQUET fille du Procureur général RIQUET de BONREPOS et
petite fille du concepteur du canal du Midi, qui, veuve de l'Avocat général Antoine de MALARET, baron de FONTBEAUZARD, s'est remariée avec Jean Louis Emmanuel Augustin de CAMBON, éminent magistrat devenu Premier Président et qui est aussi le beau-frère de BAUDRIQUE d'ESCALONNE. Le titre de M. de CAMBON ne pouvait que le désigner sur la liste des suspects et des membres de ce Parlement de Toulouse dont on veut la destruction. Bien qu'il fut en France il figurait sur la liste des émigrés et il était recherché encore à ce titre. Caché à Paris, il s'échappe de sa dernière retraite juste à temps, et les valets de FOUQUIER-TINVILLE ne trouvèrent au logis que sa femme et sa fille âgée de seize ans. Dorothée de RIQUET refuse de donner la moindre indication qui put mettre sur la trace de son mari et elle fut aussitôt arrêtée avec sa fille. Accusée de comploter dans sa prison, elle fut condamnée à mort et exécutée le 8 Thermidor, la veille même de la mort de Robespierre : un jour de plus et sans doute eut-elle été sauvée. Baudrique d’Escalonne, membre du Parlement de Toulouse était lui aussi recherché, mais sa mort en Janvier 1793 le fit échapper aux bourreaux ; alors ceux ci se vengèrent en n’hésitant pas à guillotiner son fils aîné à peine âgé de 22 ans. Ainsi, dans ces familles alliées par des mariages, originaires du canton de Verfeil ; deux innocents ont été exécutés ; Dorothée de Riquet pour son mari et le jeune d’Escalonne pour son père. Quant au second drame que nous voulons évoquer ici : il concerne Jean François de SAVY de GARDEILH, jeune Conseiller au Parlement de Toulouse et donc poursuivi à ce titre, qui, d'abord réfugié à Verfeil au château de SAVY revient imprudemment à Toulouse pour y être arrêté le 17 Mars 1794. Il fut bientôt transféré à Paris avec un groupe de Parlementaires pour y être guillotiné avec eux, et c'est au cours de ce transfert que se place une scène particulièrement émouvante: alors que le triste convoi des condamnés remontait vers Paris, des voyageurs descendaient vers Toulouse et parmi eux se trouvait son propre frère: Jean François, capitaine dans l'armée, qui, ayant démissionné, redescendait avec femme et enfants vers la demeure familiale après avoir quitté sa garnison de Douai. La rencontre des deux cortèges eut lieu à Cahors et l'on devine avec quelle émotion les deux frères s'aperçurent et quels sentiments pouvaient les agiter ! .Toutes les démarches tentées par la famille furent vaines et l'exécution eut lieu ajoutant un nom de plus à la trop longue liste des Parlementaires Toulousains exécutés. L’Insurrection
de l’an VII .En
effet, le 5 août, au matin, le commandant de la garde nationale de Lanta, bourg
qui venait d'être pris par les royalistes vint demander du secours à Verfeil -
On battit alors le rappel et un détachement de soixante hommes partit donc vers
Lanta, renforcé en cours de route par des volontaires des communes voisines.
Après divers incidents, les royalistes qui avaient quitté la place revenaient
dans la nuit et un violent combat s'en suivit durant lequel plusieurs
Verfeillois furent tués. Les royalistes rejetés furent ensuite défaits près de Toulouse, à Pech David ainsi qu'à l'Isle Jourdain et Carbonne et entièrement dispersés après la bataille de Montréjeau.
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