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Pour
étudier l'histoire de la seigneurie de Paulel ; il faut
noter : 1°)
que Saint-Marcel dépendait dans les débuts, de Verfeil et
ce n'est qu'en 1735 qu'une communauté y fut organisée,
Paulel étant le seul groupe indépendant jusque là 2°)
que le nobiliaire Toulousain pose une énigme qui est la
suivante :: aux 16e et 17e siècles on
trouve dans les ouvrages comme seigneurs de Paulel une série
de personnages dont le nom s'orthographie tantôt en
BANDINELLY et tantôt en MANDINELLY
Ces
personnages désignés nommément dans ce nobiliaire avec
des orthographes différentes ont tous été capitouls et
chose curieuse ils ont été confirmés dans la noblesse au
même moment : les uns en août 1669 et les autres en
septembre de la même année par M. BEZON de BESINS,
intendant général du Languedoc et cela compte tenu du
capitoulat de leurs grands parents. Ces
variations d'orthographe résultent tout simplement
d'erreurs dues à de mauvais copistes comme confirmée dans
l'ouvrage de M. François GALABERT - un spécialiste,
qui a étudié spécialement les armoiries des capitouls
Toulousains -
et qui arrivé dans sa liste au mot : MANDINELLY
"renvoie tout simplement au mot "BANDINELLY". Quoiqu'il
en soit les BANDINELLY appartiennent à une famille
d'origine Italienne, famille illustre s'il en fut
puisqu'elle eût dans son sein un Pape, Orlando BANDINELLY
qui prit le nom d'Alexandre III en 1159. Ses démêlés avec
Frédéric BARBEROUSSE l'obligèrent un moment à s'exiler
et il se réfugia à Maguelonne près de Montpellier, suivi
par ses frères. L'un
de ces derniers resta dans le Languedoc et s'y maria et
c'est ainsi que cette famille s'implanta dans nos régions.
Au XVI' siècle BANDINELLY Jérôme, seigneur de Paulel est
capitoul en 1540 et au 17e son descendant Jérôme Artus est
confirmé dans sa noblesse avec ses deux fils Gabriel et Grégoire
en vertu du capitoulat de son grand père en 1669 . Le
Nobiliaire cite aussi (cette fois sous le nom de MANDINELLY)
un Adhemar, docteur et capitoul en 1561 et Jean avocat au
Parlement capitoul en 1611, enfin François et Etienne
confirmés dans la noblesse en 1169 comme déjà dit. .Il
semblerait résulter d'une notice de LAFAILLE sur les
BANDINELLY que la branche Toulousaine de cette famille était
éteinte en 1707. Il
y a une période obscure dans l'histoire de la commune qui
couvre presque tout le 18e siècle. Tout ce que l'on peut
dire c'est qu'il y avait bien un château à Paulel et que
d'après la mémoire collective du lieu il était depuis
longtemps occupé par des Chartreux. Ce
qui n'était qu'un "on dit" a reçu une
confirmation curieuse récemment : en septembre 1988 s'est
tenue aux Archives départementales une exposition avec pour
titre "L'aménagement du paysage rural" et parmi
les pièces exposées figurait un fragment du "livre
terrier" ou plan de l'ancienne commune de Saint-Marcel
datant des débuts du 17e siècle, et concernant "le
fief appartenant à la grande chartreuse de Toulouse" Ce
qui corrobore encore cette affirmation c'est que ce domaine
fut vendu comme bien national et fut acheté par le marquis
Jean Antoine de CATELLAN. Ce
marquis de CATELLAN (de CAUMONT) appartenait à une très
ancienne famille (d'origine Florentine) établie d'abord à
Avignon puis à Toulouse et composée de toute une série de
gens éminents notamment dans les fonctions du Parlement,
dans l'armée ou dans l'église (on y trouve un évêque de
Rieux et un autre de Valence) Cependant
c'est surtout sur le plan juridique que cette famille était
célèbre, en particulier grâce à Jean de CATELLAN,
seigneur de Lamasquère, qui fut un jurisconsulte très
considéré, un "arrêtiste" remarquable Dans
un pareil climat Jean Antoine de CATELLAN ne pouvait être
que magistrat et il fut le premier avocat général au
Parlement de Toulouse dès 1782, à l'âge de 23 ans - ce
qui représente une précocité déconcertante pour les
lecteurs de notre époque ! Ce fut un Parlementaire
intransigeant qui s'opposa violemment à l'enregistrement
forcé de l'édit de 1788 qui modifiait les droits du
Parlement et restreignait ses pouvoirs.
Il encourut pour cela la rigueur du souverain et, de
fait, le 22 Mars 1788 il fut arrêté par un officier du régiment
de Médoc et conduit prisonnier au château de Lourdes où
il resta plusieurs mois jusqu'au retour du Parlement. Il fit
partie le 24 Mars 1789 des membres de la noblesse qui siégèrent
à l'assemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée
de Toulouse. Demeurant
ordinairement à Angervilliers (Essonne) il venait cependant
souvent en son château de St-Marcel. Il était pair
de France
en 1840 au moment où la mort vint le surprendre à Toulouse
dans son "hôtel du 4 de la rue Vélane" Les
relations des municipalités avec leurs prêtres sont bonnes
mais l'on ne se fait pas de cadeaux et c'est ainsi qu'en
1835 et à la demande du Maire DELMAS le conseil municipal décide
d'augmenter le traitement du Curé de cent francs mais à la
condition qu'il dira une deuxième Messe les jours de fête
et les Dimanches. N Nous
ne pouvons omettre de signaler ici un "inédit" :
le texte d'une petite notice sur Saint-Marcel rédigée en
avril 1886 par Mlle Célestine BONGIRAUD, institutrice,
texte qui est demeuré dans les archives de la commune de
Saint-Marcel
(Il est curieux de constater que la même année un
instituteur de Verfeil et un autre de Gauré ont rédigé
eux aussi une notice sur leur commune - Comme nous avons
appris que dans d'autres Mairies du département on a
retrouvé des notices analogues, il faut en conclure qu'une
instance supérieure a demandé par circulaire ce travail à
tous les instituteurs en place au même moment) Mlle BONGIRAUD inscrit de courtes notations sur les
sujets les plus variés concernant sa commune : elle commence par la population : le nombre total
d'habitants de la commune (recensement de 1881) est de 266
dont 25 habitant à Nagen dans cinq maisons et 54 à Paulel
dans quinze maisons. Elle note aussi que "les procédés de culture sont
modernes" et que l'on déboise beaucoup. Le phylloxera
n'a pas fait son apparition mais il n'en est pas de même de
l'oïdium. Elle remarque que l'on emploie des boeufs pour
labourer "car le sol est trop dur pour les
chevaux". Il
existe trois troupeaux de moutons. La commune possède un
moulin à eau et une boulangerie. Elle n'oublie pas de parler de l'habillement des
habitants : blouse bleue, casquette ou béret pour les
hommes, quant aux femmes "elles sont costumées comme
l'étaient anciennement les grisettes de Toulouse Impression générale : les gens ont des moeurs
douces" Quelques autres notations intéressantes : le patois est
généralement parlé à St-Marcel "et les instructions
pastorales se font en patois le Dimanche !" Sur l'école enfin elle nous donne de précieux et pénibles
renseignements : Il y a une dizaine d'années, il n'existait
pas d'école : la première institutrice Mlle BONNEMAISON
fut obligée de se loger dans une petite baraque en
attendant mieux ! "En 1880 on fit construire une école
: cette bâtisse presque neuve est en très mauvais état :
les cloisons fendillées menacent de tomber sur les
personnes obligées d'y loger. Enfin nous apprenons encore
que la richesse de la bibliothèque est plus que limitée :
il y a seulement 22 volumes dont 6 en lecture" Elle termine sa notice en disant qu'il y a une belle église
de style ogival "remarquable par la richesse de son
ornementation et ses fresques nouvellement peintes" Dans le canton, Saint-Marcel avait une originalité :
c'est sur son territoire que s'était développée
une petite industrie : une minoterie et une briqueterie
prospéraient au début du XXe siècle sous la direction de
M. GRIMAUD et tout le monde connaissait dans le secteur la
renommée de "NAGEN" installé sur le Girou (ce
nom étant d'ailleurs la contraction de En AGEN)
Le journal de la BELUGO "Ques Aco" dans son
n0n d'avril 1988 a consacré une étude à cette briqueterie
qui n'aurait commencé qu'en 1918 en annexe de la minoterie
ancienne avec des compagnons amenés de
Belgique et le travail se faisait à la main. En 1921
création du premier four circulaire. En 1936 au décès de
Me GRIMAUD rachat de l'entreprise par M. DOUMERC mais au début
de la guerre de 1939 cessation de toute activité - ce ne
fut qu'en 1944 que M. BLANC prit la gérance de l'affaire
qui redémarra peu à peu pour s'améliorer depuis sans
cesse. Nous avions signalé qu'il y avait une minoterie à Nagen depuis très longtemps grâce originairement à la force motrice que donnait le Girou : elle a disparu à la fin de 1939 au moment où la briqueterie s'arrêtait également. Cette disparition de la minoterie avait pour cause un plan de restructuration de la profession établi à Paris pour toute la France et visant à faire disparaître moyennant indemnités les trop petites exploitations. Ce qu'il y a de remarquable c'est que la fermeture de Nagen fut la première réalisée en France d'après ce plan. Les documents furent établis à l'étude de Verfeil et le gérant de l'étude a fait état des difficultés de ce dossier discuté avec des administrations pour qui c'était le premier exemple d'application - Heureusement c'était un fin juriste qui a su se débroussailler des textes nouveaux et difficiles et aider ces administrations à se rôder. Pour terminer, nous ne résisterons pas au désir de
raconter comment la distribution du courrier s'opérait à
Saint Marcel dans la période qui va approximativement de
1930 à 1950 et c'est une histoire vraie puisque son mécanisme
fut expliqué par le facteur lui-même qui en était le héros.
Desservant le bas de Verfeil et ensuite tout le secteur de
St Marcel et cela à bicyclette, il n'avait pu que constater
combien le vent le gênait souvent dans sa course : par
contre le vent d'autan l'aidait à escalader la longue côte
de St Marcel en venant de Verfeil. Le vent d'Ouest l'aidait
lorsqu'il changeait de direction. En conséquence il organisait sa tournée en fonction du
vent dominant ce jour-là et de la sorte les habitants
recevaient leur courrier tantôt à 9 heures du matin et
tantôt vers midi en fonction du vent !! Nos facteurs motorisés ne connaissent pas ces problèmes….heureux anciens qui voyaient leur courrier retardé de quelques heures selon le vent alors que, de nos jours, la réception du courrier est souvent perturbé par des aléas qui ne sont plus climatiques.
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