Acte de Resistance

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Pour illustrer cet épisode de la Résistance, 

nous reproduisons ci dessous,  l'hommage rendu par M. Claude ROUDIERE, 

Conseiller Général et Maire de St Marcel-Paulel, 

à M. Louis MAGOUX, auteur de cet acte d'héroîsme.

Rappelons que, le même jour, Verfeil a été investi par les mêmes tortionnaires nazis

 

Les illustrations sont extraites du fascicule réalisé par  Elérika Leroy à la demande du CBE du Nord-Est Toulousain

elerika@wanadoo.fr 

 

Nous sommes le 15 août 1944.  Les Forces Françaises de l’intérieur, et parmi elles, le Réseau "Libérer et Fédérer", préparent la libération de Toulouse et de la région.  Un parachutage d'armes par l'aviation Alliée doit avoir lieu dans la nuit dans la plaine du Girou.

Louis MAGOUX, Instituteur à Saint Marcel Paulel est un membre éminent du Réseau "Libérer et Fédérer" : dès 1942 il est responsable du mouvement dans les cantons de Verfeil-Lanta-Caraman, en 1943 il devient le chef -adjoint de la Résistance à Verfeil, et chargé de mission avec le grade de sous-lieutenant dans le Réseau "Alphonse Buckmaster". Il travaille en étroite coopération avec les Résistants du secteur, son chef Auguste TROUP, Jean GAY, Ernest BLANC, qui dirige la briquetterie de Nagen, M. SILOBRE, de Verfeil, et quelques autres.

Ce 15 août 1944, vers 8 h 30, le site de la Mairie-Ecole est investi par un groupe de Waffen SS encadrant des membres de la Gestapo et de la Milice : Louis MAGOUX avait été dénoncé et la Gestapo voulait retrouve 5 mitraillettes enterrées dans le jardin. Devant ses dénégations, Gestapo et Milice amènent Louis MAGOUX a Bonrepos Riquet, puis à Verfeil, et durant le trajet M. MAGOUX essaye de se faire remarquer par les habitants afin que ses camarades de la Résistance connaissent la nouvelle de son arrestation.  Au cours d'un arrêt, le commandant allemand de cette opération pose à nouveau des questions à M. MAGOUX et devant son mutisme il le frappe violemment, notamment au visage. 

Dans le même temps, à Saint Marcel, craignant le retour des allemands, M. Bertrand SABATIER, Maire-adjoint de Saint Marcel Paulel et familier de l’école, évacue à travers champs vers Bonrepos-Riquet, Mme MAGOUX, ses deux filles alors âgées de 3 ans et 8 mois, et sa grand-mère, Mariette BERGEAUD. Avant de quitter l’école, Mme MAGOUX avait brûlé des papiers et des journaux en attente de diffusion, et vous m'avez dit, Madame, que vous gardiez une profonde reconnaissance envers M. Bertrand SABATIER, décédé en 1963.

Effectivement, Allemands et Miliciens ramènent M. MAGOUX à Saint Marcel Paulel, ici, dans ce jardin, où son calvaire commence : interrogé, battu à coups de poings, de pieds, de bâton, il est contraint de creuser les parties fraîchement travaillées du jardin pour retrouver les mitraillettes tandis que le détachement de Waffen SS fouille les alentours de la maison et le garage. Pendant ce temps, devant le mutisme de Louis MAGOUX, trois des allemands qui le surveillent lui donnent des coups de bâton et l'un d'eux lui assène sur le crâne, à l'aide d'un piquet, des coups très violents sous lesquels il perd un instant connaissance avant de se relever sous les coups de pieds des nazis. Les Allemands enfoncent ensuite la porte de l'appartement, le fouillent et, faute d'avoir trouvé quoi que ce soit, le chef du détachement intime à Louis MAGOUX l'ordre de creuser sa tombe au bord de laquelle il sera fusillé s'il n'a pas parlé dans le quart d'heure qui suivra. Très affaibli par les coups qu'il a reçus et par le sang qu'il a perdu, Louis MAGOUX ne va pas assez vite avec sa pelle au gré de son tortionnaire qui le frappe sans arrêt à coups de baguette tout en comptant à haute voix les minutes qui s'écoulent et en dirigeant les dimensions du trou. Les 15 minutes passées, Louis MAGOUX doit se coucher dans la fosse, plié en deux car elle est trop petite, et son tortionnaire tire deux rafales de mitraillettes de chaque côté de la tombe.

La mise en scène n'ayant abouti à aucun résultat, pendant 15 à 20 minutes les nazis se déchaînent sur Louis MAGOUX en le frappant à coups de bâton, de fil de fer torsadé, avec une violence extrême : on lui passe les menottes, serrées très fort, on le bâillonne avec un morceau de couverture en laine pour étouffer les cris qu'il ne peut retenir lorsqu'il est touché sur une partie du corps déjà à vif. Nouveau périple sur Bonrepos-Riquet, où Louis MAGOUX est cette fois battu par des Waffen SS français, puis sur Verfeil, et retour à Saint Marcel Paulel où, après avoir constaté que son appartement était partout dévasté, il assiste au pillage de la maison : poste de TSF, argent, bijoux de famille, bicyclette, chargée sur l'un des véhicules.

Ensuite, direction Toulouse, Rue Maignan, le siège de la Gestapo, où Louis MAGOUX est enfermé dans une cellule. Le lendemain, 16 août, vers 16 heures, Louis MAGOUX est amené devant le capitaine allemand qui l'avait arrêté : il est interrogé de nouveau, mais très affaibli, il ne reçoit que quelques coups de poing et de fouet avant d'être conduit à la Prison Saint Michel pour y être exécuté. 

Bien entendu, le parachutage d'armes dans la Plaine du Girou, prévu dans la nuit du 15 au 16 n'a pas eu lieu, et Mme MAGOUX se souvient d'avoir entendu les avions tourner un moment dans le ciel marcellois. Le 19 août, la population toulousaine s'insurge et, avec l'appui de la Résistance, libère Toulouse : la Prison Saint Michel où sont détenus de nombreux patriotes est l'un des premiers objectifs et Louis MAGOUX est délivré vers 13 h 30. Le tortionnaire français de M. MAGOUX, mais également auteur de nombreux autres crimes est arrêté : il sera jugé, condamné, et fusillé quelques mois plus tard.

Le 26 août 1944, la région toulousaine est enfin entièrement libérée de l'occupation allemande. Un Comité de Libération est constitué à Saint Marcel Paulel : il comprend des membres de la Résistance et des membres de l'ancien Conseil municipal. Le 5 septembre 1944, après avoir rendu Hommage à Monsieur Louis MAGOUX, instituteur à Saint Marcel Paulel, Délégué de la Résistance pour la Commune de Saint Marcel Paulel, et "qui a subi les cruautés de la torture à l'école même de Saint Marcel Paulel", le Comité de Libération élit un Conseil municipal provisoire en attendant les élections régulières. Mon prédécesseur, M. Ernest BLANC, est désigné comme Maire, et M. Bertrand SABATIER, qui a apporté son aide à Mme MAGOUX et à sa famille, retrouve son poste d'Adjoint.

Mesdames, Messieurs, Chers Amis, j'ai retracé avec beaucoup d'émotion cet épisode héroïque de l'histoire de notre Commune.

Chère Madame Jeanine MAGOUX, je suis particulièrement heureux et fier au nom de notre Conseil municipal, au nom de la population, en mon nom personnel, de vous accueillir à Saint Marcel Paulel avec toute votre famille pour rendre hommage à votre cher époux, M. louis MAGOUX, sur les lieux même de son supplice.

Cher Président Jean MONIER, vétéran de l'héroïque Réseau "Libérer et Fédérer", c'est pour nous tous un honneur, un grand honneur, de vous recevoir sur ce site pour honorer votre camarade de Résistance, votre ami Louis MAGOUX, qui, par son mutisme et malgré la torture, dans ce jardin, a préservé les membres de votre Réseau.

Dès 1989, notre Conseil municipal avait décidé de pérenniser cet acte de courage et d'héroïsme, mais le temps passe très vite.Cette dernière année du 20ème siècle, et ce 8 mai où nous célébrons le 55ème anniversaire de la Victoire de 1945 à laquelle ont contribué les Forces Françaises de l'Intérieur, étaient particulièrement indiqués pour témoigner notre fierté et notre reconnaissance à Louis MAGOUX, pour célébrer et pour inscrire dans la mémoire collective son engagement dans la Résistance, son courage, son héroïsme. Je voudrais associer à cet hommage tous ses camarades, notamment ceux de notre canton, connus et inconnus, qui, avec lui, ont oeuvré pour la Libération de notre Pays.

Chère Madame, Cher Jean MONIER, nous allons ensemble dévoiler cette plaque à la mémoire de Monsieur Louis MAGOUX.

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