Avant le 19e

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Au point de vue historique, dans le relevé des seigneurs de la baronnie de Verfeil de 1619, il est indiqué qu'à cette époque, le seigneur en titre pour Saint Martin des Pierres s'appelle de LECOMTE et celui qui concerne Saint Jean des Pierres, de PAULO (il s’agit certainement de Jean de PAULO, ardent ligueur Toulousain qui s'agite beaucoup après l'assassinat du duc de Guise en 1588) En 1689 les seigneurs de Saint Martin étaient J. de FOUCAUD et G. de PROHENQUES et aux alentours de la Révolution, Joseph Honoré VARES, marquis du FAUGA qui avait fait construire le château de Saint Martin au 18e siècle dans le style de cette époque  

En 1792 le Maire de Saint Jean des Pierres s'appelait Jean ROBERT.

La Révolution va provoquer situations difficiles ou événements pénibles pour beaucoup et spécialement pour les anciens membres du Parlement de Toulouse ou les nobles de toute sorte.et l'on mesure cela à Saint-Pierre même.

En effet, si le nom d'ESCALONNE ne sert actuellement qu'à désigner une grande propriété dissimulée dans les bois ou à fixer un lieudit, l'histoire de son propriétaire d'alors illustre de façon tragique la passion aveugle et le sectarisme de certains animateurs de la Terreur qui n'hésitaient pas à frapper un innocent quand ils ne pouvaient atteindre le prétendu coupable.

André David de BAUDRIGUE d'ESCALONNE (né en 1738) était entré au Parlement de Toulouse en 1760 - Il était le beau-frère du Premier Président de CAMBON, époux de Dorothée de RIQUET  et proche parent du capitoul titulaire François Raymond DAVID de BAUDRIGUE qui avait joué un rôle important dans l'affaire CALAS.

Membre de ce Parlement de Toulouse, si détesté par les Jacobins, il eût été pour eux une victime de choix mais comme il mourut à 54 ans le 7 Janvier 1793 il leur échappa ; alors ils se vengèrent d'une façon indigne car ils arrêtèrent son épouse Jacquette Gabrielle Françoise de CAMBON et l'emprisonnèrent pendant plus d'une année et surtout ils n'hésitèrent pas à guillotiner son fils aîné à peine âgé de 22 ans

On remarquera à ce propos que dans ces deux familles proches, alliées par des mariages, on assiste ainsi à l'exécution de deux innocents : Dorothée de RIQUET a la place de son mari, de CAMBON, et le jeune d'ESCALONNE, son neveu, a la place de son père.

Si la Révolution et surtout la Terreur entraîne tant d'exécutions, beaucoup émigrent pour y échapper c'est le cas du marquis VARES du FAUGA. Ce personnage est curieux et intéressant à suivre à son retour, car, privé de ses biens qui ont été vendus comme biens nationaux, il manoeuvre fort habilement pour obtenir des compensations en argent de la part des acquéreurs au cours de tractations en grande partie occultes., en effet, lors de la revente du château de Saint Martin en l'an XIII (ancienne propriété du marquis), dans un premier temps ce dernier s'est porté acquéreur du domaine mais avec la réserve que c'est "pour ami élu ou à élire" et dans le temps qui suit immédiatement, il conclut avec les véritables acquéreurs définitifs un accord constaté par un sous-seing privé portant la même date et dans lequel : "il renonce pour lui et ses héritiers ou ayant-cause à tous droits et actions sur ledit domaine de Saint Martin des Pierres moyennant une indemnité fixée à 12.400 francs".

Tout cela nous montre un aspect peu connu des suites de l'émigration et le cas que nous rapportons n'est sans doute pas isolé car  la lecture d'un inventaire ancien montre qu'une vieille demoiselle fort riche et fort pieuse de la région, au temps de la Restauration, avait versé une forte indemnité à un ancien émigré "pour soulager, disait-elle, sa conscience" et réparer les abus réalisés par son père lorsqu'il avait acheté des biens nationaux à bas prix.

Quelques notes variées sur Saint-Pierre

Le château de Saint Martin fut le théâtre d'un enlèvement par les "verdets" en 1815 : la victime en fut le baron CERISE, brillant officier de l'armée Impériale qui s'était retiré là avec sa jeune épouse d'origine Hollandaise. Celle-ci réussit grâce à son énergie et à ses démarches et peut-être à son argent, à le faire libérer mais ils repartirent à Paris et c'est là que, ayant perdu en partie la raison, il mourut le 28 février 1820.

  C'est à Saint-Pierre, aux abords du château de Saint Martin et par les soins de M. de SARRIEU, son propriétaire, qu'a eu lieu la première utilisation pour la région, d'une machine à battre. Cela s'est passé le 26 Juillet 1856 et le cordonnier CABAZIE, de Gauré, le raconte dans ces « Mémoires »

« (Il s'agit) d'une batteuse CLAYTON : cette batteuse dépique cent hectolitres par jour prêt à mettre dans le grenier mais dans l'observation qu'il faut au moins douze personnes pour sortir le blé et la paille et ensacher le blé et pour en faire cent hectolitres il faut que le blé soit coupé haut et s'il est coupé ras la batteuse n'en peut nettoyer que soixante dix par jour ».

Cette batteuse est la première qui a paru en France le 4 septembre 1855. Son prix est de 2.000 francs

La commune de Saint-Pierre, imitant celle de Gauré, a procédé au remembrement de toutes ses terres agricoles et cette opération a été clôturée le 12 Novembre 1968.  

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